Prévisions technologiques d'un groupe de réflexion spécialisé dans la conception et les tests électroniques

En 2020, le monde a connu une crise sanitaire sans précédent : la pandémie de coronavirus. Celle-ci a touché tous les secteurs de la société et contraint les entreprises, les PME, les pouvoirs publics et les institutions privées à s’adapter, parfois de manière radicale, afin d’accélérer leur transformation numérique et de repenser leur approche de l’innovation. Les dirigeants de Keysight s’expriment sur l’évolution des opérations commerciales et des tendances technologiques qui se dessinent dans le contexte de la pandémie, dont les répercussions continueront d’avoir des effets durables sur les organisations et la société.

L'acceptation croissante du télétravail : le personnel dispersé et travaillant à distance bénéficie désormais d'un regain de considération et d'acceptation, notamment grâce aux innovations technologiques, ce qui a conduit à la mise en place d'un modèle mixte associant télétravail et travail sur site. Ce modèle est devenu la norme et le restera, même après le recul de la pandémie.

  • Les technologies et les pratiques de collaboration ont pris une importance nouvelle et continueront à en prendre. Les entreprises du secteur technologique vont intensifier la création et l'organisation d'équipes d'innovation essentielles à leur mission, qui seront gérées à distance.
  • Les ingénieurs et autres innovateurs devront reprendre la collaboration en présentiel sur site, mais ils adopteront une approche plus réfléchie et stratégique quant au moment de le faire.
  • Les structures commerciales des entreprises vont connaître une transformation majeure, à mesure que les équipes commerciales hybrides (alliant présence physique et travail à distance) mettront en œuvre de nouvelles méthodes pour établir des relations et atteindre leurs objectifs de formation, ainsi que des moyens alternatifs pour proposer des démonstrations de produits et de solutions à distance.

Les STEM contribueront à alimenter le vivier de talents : avec l'importance croissante accordée à la diversité et à l'inclusion, nous allons assister à une concurrence acharnée pour attirer les talents dans le secteur technologique.

  • Un engagement renforcé et ciblé en faveur des STEM – tant en matière d'accès que de mise en œuvre – sera mis en place dans toutes les régions.
  • De nouvelles méthodes permettant d'offrir des possibilités d'apprentissage en ligne qui garantissent l'égalité des chances seront étudiées et mises en œuvre.
  • Les entreprises et les pouvoirs publics s'attaqueront aux problèmes d'inégalité liés à la « fracture numérique » (accès aux ressources, notamment le manque d'ordinateurs, de smartphones, de Wi-Fi et d'accès haut débit) que la pandémie a aggravés.

La responsabilité sociale des entreprises (RSE) prendra une importance croissante dans le monde des affaires : loin d’être un sujet réservé à quelques spécialistes, la RSE deviendra un impératif à la fois moral et commercial, s’inscrivant dans la stratégie de création de valeur de l’entreprise.

  • Les actionnaires, tout comme les salariés et les clients, prendront de plus en plus conscience que les entreprises qui s'engagent concrètement en matière de RSE génèrent de meilleurs rendements à long terme et mettent en œuvre des pratiques plus durables.
  • Les fournisseurs spécialisés dans les chaînes d'approvisionnement éthiques, la gestion des stocks et l'approvisionnement en matériaux examineront les programmes de RSE d'une entreprise avant d'établir des relations de travail avec celle-ci.
  • Les talents les plus recherchés considéreront la RSE comme une responsabilité fondamentale des entreprises qu'ils envisagent, et donc comme un facteur déterminant dans leurs choix de carrière.
  • Le changement climatique continuera d'entraîner des perturbations de la chaîne d'approvisionnement à l'échelle mondiale, de sorte que la planification de la continuité des activités et les stratégies de résilience de la chaîne d'approvisionnement seront essentielles à la réussite des entreprises. Cela mettra en évidence la nécessité :
    • Évaluations des risques potentiels, ainsi que stratégies et plans d'atténuation couvrant l'ensemble des processus de la chaîne d'approvisionnement.
    • Une stratégie d'approvisionnement flexible qui repose sur le recours à plusieurs fournisseurs pour les pièces de remplacement, la refonte des pièces et leur normalisation.
    • L'accent est mis sur la résilience des infrastructures et la mise en place de plans d'urgence en cas de catastrophes naturelles.
    • De nouvelles approches seront nécessaires pour faire face aux implications financières inhérentes à ces concepts.

L'impact d'une main-d'œuvre hybride sur le développement, la conception et le déploiement des technologies sera abordé sous l'angle des logiciels : une main-d'œuvre hybride, la distanciation sociale et d'autres changements par rapport aux modes de travail traditionnels accéléreront le recours aux logiciels pour la conception et le développement de produits.

  • Les processus pilotés par des logiciels joueront un rôle prépondérant en 2021. La conception des produits, la R&D, les essais, la fabrication/production et le dépannage seront réalisés à distance grâce à des solutions pilotées par des logiciels.
  • Les entreprises s'appuieront sur des logiciels pour accompagner leurs collaborateurs en télétravail, en tirant parti du cloud et en leur offrant des capacités de calcul avancées.
  • Les actions marketing, les interactions avec les clients et le service client seront toutes au cœur des transformations numériques en 2021. Une personnalisation accrue du marketing et de la communication est assurée.

Les logiciels joueront également un rôle essentiel dans les transformations numériques : le rythme de l'innovation va s'accélérer en 2021. L'adoption d'outils numériques, de processus et de solutions logicielles va modifier la vitesse à laquelle les entreprises innovent, se développent, accompagnent leurs clients et mènent leurs activités.

  • Les entreprises accéléreront leurs transformations grâce à des logiciels qui améliorent la productivité, l'efficacité, la précision, la sécurité et les délais de mise sur le marché, en collectant et en exploitant les informations par voie numérique, tout en recourant à des analyses avancées et à la visualisation des données afin d'obtenir les informations nécessaires pour accélérer l'innovation.
  • Accorder une plus grande importance aux nouvelles solutions logicielles destinées à la conception, aux essais et à la validation, ainsi qu’à l’analyse et à l’interprétation des résultats obtenus, notamment dans les domaines suivants :
    • Mesures et analyses en matière de R&D, car il faudra tester davantage d'expériences et d'itérations. Les ingénieurs auront besoin d'analyses approfondies des données, ce qui nécessitera des capacités d'automatisation plus avancées, allant au-delà des fonctionnalités de base.
    • La conception et la simulation deviennent de plus en plus complexes à mesure que les environnements d'encapsulation électronique se complexifient, ce qui nécessite de mesurer les flux de puissance, la chaleur et l'assemblage tout en validant les prototypes afin de s'assurer que les conceptions fonctionnent comme prévu.
  • La sécurité prendra une nouvelle dimension en 2021. Les développeurs s'attaqueront aux problèmes de sécurité potentiels, notamment par le biais de tests de sécurité, à un stade beaucoup plus précoce du cycle de conception. L'accent sera davantage mis sur les modalités de déploiement des produits, l'utilisation de technologies sans contact, la suppression de l'intervention humaine et l'automatisation complète des réseaux dotés de capacités d'auto-réparation.
  • L'expérience utilisateur, ou UX, continuera à gagner en importance tant pour les clients que pour les fournisseurs de solutions logicielles de tous types, en raison du rôle croissant que jouent ces solutions dans les contextes professionnels et personnels, ainsi que des attentes sans cesse accrues résultant des frustrations liées à des expériences médiocres.

La 5G reste un enjeu stratégique pour les entreprises et les pouvoirs publics en 2021 : bien que la pandémie ait ralenti les déploiements en 2020, on peut s'attendre en 2021 à ce que :

  • La 5G va susciter un vif intérêt à l'échelle internationale, car les réseaux 5G permettront d'améliorer les infrastructures électriques, énergétiques et financières. Toutefois, les questions relatives au zonage des stations de base et aux politiques associées deviendront un enjeu majeur pour les gouvernements nationaux et locaux.
  • La 5G ne se limitera pas aux smartphones : elle s'étendra aux applications industrielles et permettra la mise en place de services et de procédures de santé virtualisés.
  • La production et le déploiement des réseaux rattraperont leur retard par rapport aux lancements d'appareils prévus pour 2020, et l'on assistera à une plus grande diversification des appareils 5G, avec une large gamme de prix.
  • Le partage dynamique du spectre (DSS) et les nouvelles politiques nationales en matière de spectre favoriseront le déploiement généralisé de la 5G, à mesure que l'accessibilité aux équipements des utilisateurs s'améliorera, ce qui permettra de remédier aux problèmes actuels de couverture et de réduire le coût de déploiement du spectre à bande moyenne.

Un renforcement des investissements dans les infrastructures nécessaires au fonctionnement de l'IoT et de l'IIoT (Usine 4.0), notamment le cloud distribué et l'hyperconnectivité : l'accent sera mis sur les réseaux 5G privés destinés aux entreprises industrielles, qui faciliteront notamment l'exploitation et la gestion à distance.

  • L'augmentation du nombre de télétravailleurs va stimuler l'IIoT, ce qui obligera les entreprises à déployer des équipements intelligents afin de gérer efficacement, à distance, la production et les opérations en usine. En conséquence, nous prévoyons :
    • Une augmentation des investissements dans l'automatisation et le recours à la robotique et à l'apprentissage automatique pour la gestion des installations, ainsi qu'une adhésion croissante à l'utilisation du cloud pour automatiser les chaînes de production.
    • De nouvelles solutions d'automatisation de la production, de contrôle et d'analyse pour l'ensemble des composants, alors que les usines automobiles et autres sites intensifient leur activité.
    • Un renforcement des investissements dans les fonctionnalités de l'IIoT pour permettre un contrôle prévisible en temps réel, ce qui nécessitera une augmentation du nombre de machines et de capteurs, ainsi qu'une infrastructure réseau capable de gérer ce nombre croissant d'appareils.

Même s'il est encore trop tôt pour se prononcer, il faut s'attendre à une accélération des investissements dans l'informatique quantique : en 2021, ce secteur entre dans une phase de recherche intense, au cours de laquelle les principaux acteurs continueront à mener des expériences et à investir dans la recherche quantique en vue de l'avenir.

  • Il existe aujourd'hui de nombreuses technologies concurrentes dans le domaine des qubits ; parmi les plus avancées, on peut citer les technologies à supraconductivité, à ions piégés, à spin de silicium, ainsi que les solutions photoniques. Ces technologies continueront d'évoluer à un rythme soutenu en 2021.
  • La recherche sur les matériaux quantiques va s'intensifier en 2021. Cette évolution sera soutenue par un solide programme d'investissements, dont une partie sera financée par de grands gouvernements à mesure qu'ils prendront conscience des avantages géopolitiques et économiques de l'informatique quantique.
  • En 2021, un nombre croissant de clients aura accès à du temps de calcul sur des ordinateurs quantiques dans le cloud afin d’exécuter de nouveaux algorithmes visant à exploiter l’avantage quantique. En 2021, de nouveaux acteurs feront leur apparition sur le marché, proposant des ordinateurs quantiques, des services cloud, ou les deux, tout en augmentant la puissance des ordinateurs mis à la disposition des utilisateurs.

Le développement des véhicules autonomes (VA) va continuer à progresser : le secteur automobile a connu des difficultés en raison de la pandémie, mais la production et la fabrication vont reprendre de plus belle.

  • À mesure que le nombre de capteurs alimentant les réseaux embarqués ne cesse d'augmenter, ces derniers devront s'adapter à cette évolution.
  • Les ventes de véhicules électriques (VE) vont augmenter, même si elles ne représentent qu'un faible pourcentage (3 %) de la production automobile totale. Alors que la production de véhicules traditionnels stagne, l'intérêt pour les VE va s'intensifier à mesure que les pays seront confrontés à des normes d'émissions plus strictes.
  • Les investissements dans le secteur de l'automobile ont été modestes au premier semestre 2021, mais ils ont repris au second semestre. Ils sont plus soutenus en Grande Chine, cette région s'étant engagée à éliminer progressivement les véhicules à essence d'ici 2035.
  • En 2021, les États-Unis se concentrent davantage sur le développement des véhicules autonomes et des véhicules électriques, grâce à l'arrivée d'une nouvelle administration présidentielle favorable à ces technologies.